Le deuxième volet de ma série d’articles porte sur mon adolescence. Il va sans dire que chaque cas est unique pour un adolescent atteint du SGT. Pour ma part, je me considère quand même chanceux. En effet, étant atteint du SGT à un niveau simple, mon adolescence ne fut pas trop difficile.
Jusqu’à l’âge de 25 ans, mes tics ont toujours été faibles et ne m’ont pas vraiment dérangé en tant qu’adolescent. Cependant, je me dois de vous raconter une anecdote de laquelle j’ai beaucoup appris. Depuis le début de mon adolescence, j’avais comme tic le reniflement. N’étant pas au courant du SGT et comme ce tic me dérangeait à peine, je n’ai jamais fait de lien entre mon nez bouché chronique et le reniflement. Imaginez la situation. À l’âge de seize ans, j’attrape une sinusite carabinée. Après plusieurs jours de soins, ma sinusite a finalement disparu mais je continuais d’avoir les voies nasales bloquées. Mon médecin généraliste au lieu de me référer à un spécialiste oto-rhino-laryngologiste, m’explique tout bonnement que mes parois sinusales se sont sûrement épaissies, suite à ma sinusite, empêchant l’air de bien circuler, et qu’il n’y a rien que l’on puisse y faire. Ainsi, durant toute mon adolescence, plus précisément pendant dix ans, j’ai appris à accepter ma tendance à être congestionné et d’avoir un odorat quasiment inexistant. Finalement, à l’âge de 26 ans, j’ai décidé de consulter un oto-rhino-laryngologiste pour me faire dire à ma première visite que j’avais des polypes dans les sinus bloquant de 50 % à 100 % mes sinus et que cela pouvait se soigner moyennant une intervention chirurgicale mineure. Quelques semaines plus tard, suite à l’intervention chirurgicale, je pouvais de nouveau respirer librement et goûter aux effluves que la vie nous apporte. Avec du recul et sachant dorénavant que mes reniflements étaient un tic, je peux affirmer avec certitude que ces reniflements étalés sur plusieurs années avaient participé à la création de ces polypes.
La leçon que j’en tire, dix ans plus tard, est la suivante. Quel que soit le tic que votre enfant possède, soyez toujours vigilant sur les troubles indirects qui pourraient en découler ! N’hésitez pas à consulter des spécialistes. Ceux-ci sauront bien ou mieux vous conseiller. De plus, même si votre enfant a 16 ans, n’hésitez pas à l’accompagner ou tout simplement vous informer du diagnostic du médecin traitant. Avec votre expérience de parent et votre connaissance du SGT, souvent plus grande que le médecin généraliste, vous pourrez mieux cerner, avec votre enfant, les mauvais diagnostiques. Dans le doute, demandez l’avis d’un autre médecin.
Finalement, somme toute, je peux dire que mon adolescence s’est bien passée. Cependant, je déplore le manque de communication avec mes parents. En discutant avec ma mère dernièrement, elle me disait qu’elle ne comprenait pas pourquoi je reniflais sans cesse et qu’elle avait affirmé à mon père qu’elle aurait souhaité que j’arrête. Au lieu d’en discuter avec mon père en catimini, elle aurait dû me demander ce que moi j’en pensais et ce que je ressentais. Je sais qu’elle ne m’en a jamais parlé jusqu’à récemment, car elle avait sûrement peur de me blesser. Aujourd’hui cependant, je réalise que ce n’est pas à 36 ans que j’avais besoin de me faire dire cela mais plutôt lorsque j’en avais le plus de besoin, c’est-à-dire à 16 ans.
Mon prochain article portera sur la période de mes études tant primaires, qu’universitaires. N’oubliez pas de garder le sourire !