Les tics sont les symptômes visibles de la maladie, mais ils  ne constituent pas nécessairement la partie la plus handicapante.  D’autres manifestations comme les problèmes d’apprentissage,  les troubles de comportement ou les obsessions/compulsions peuvent avoir un impact sérieux sur la qualité de vie actuelle et future de la personne atteinte.   

Les tics

La personne atteinte ne contrôle pas ses tics; ceux-ci se manifestent par une sensation d’inconfort physique et psychologique général dont le seul soulagement possible est de produire le tic.  On pourrait comparer cette sensation à un éternuement ou à une démangeaison.

Certaines personnes, généralement les adultes, ont la capacité de supprimer ou de modifier leurs tics pendant des périodes allant de quelques minutes à quelques heures.  Toutefois ce contrôle exige beaucoup de concentration et d’énergie et il n’est pas conseillé pour les enfants d’âge scolaire.  De plus, après une période de suppression des tics, il y aura recrudescence comme si ces derniers augmentaient pour «compenser» leur absence, comme s'il existait un nombre prédéterminé de tics à émettre.  

Les tics peuvent être moteurs (contractions musculaires) ou sonores (bruits faits avec la bouche ou le nez).  Dans chacun des cas, ils peuvent être simples, complexes ou organisés.  Lorsqu’ils sont simples, les tics sont rapides, courts et sans signification; lorsqu’ils sont complexes, ils sont généralement plus lents, ils impliquent une séquence de mouvements et peuvent paraître volontaires, bien qu’en fait ils ne le soient pas.  

Symptômes cliniques du SGT

  • Tics moteurs : clignements des yeux, grimaces, mouvements du corps
  • Tics sonores : bruits avec la bouche ou le nez, verbalisations grossières   

Exemples de tics moteurs

  • Simples : clignement des yeux, grimaces faciales, hochement de tête, roulement des épaules, étirement du cou, etc.
  • Complexes : mouvements brusques d’un ou des membres tels se toucher ou toucher des objets, se sentir les mains ou sentir des objets, sautiller, cracher, frapper, trépigner, donner un coup de pied, s’accroupir, etc.
  • Organisés:      séquence de gestes ritualisés
  • Échopraxie:    imitation des mouvements d’une personne
  • Copropraxie:  gestes obscènes (bras d’honneur), touchers obscènes à caractère sexuel

Localisation des tics:

  • visage: 95%
  • têtes, cou, épaules: 90%
  • autres: 40 à 80%  

Les tics moteurs sont le plus souvent localisés dans le haut du corps.  Ce sont les tics qui apparaissent le plus tôt dans le développement du syndrome soit vers l’âge de 6 ans.  Généralement, les premiers tics sont simples bien que chez certains, ils peuvent d'emblée être complexes.  

Exemples de tics sonores

  • Simples:           reniflement, grognement, éclaircissement de la voix, toussotement, reniflement, cris stridents, sifflement, clappement avec la langue ou autres sons inarticulés etc...
  • Complexes:     jappement, émission sonore explosive, etc...
  • Organisés:       phrases ou mots complets, etc...
  • Écholalie (40%): répéter les paroles ou syllabes prononcées par quelqu’un
  • Coprolalie (35%): utiliser un langage grossier ou obscène
  • Palilalie: répéter ses propres paroles ou syllabes    

Les tics sonores apparaissent généralement après les premiers tics moteurs.  Les tics plus organisés comme la copropraxie se manifestent généralement vers l’âge de 12 ans.  Il est important de comprendre que les personnes atteintes du SGT ne développent pas nécessairement l’ensemble de tous les tics décrits, spécialement la coprolalie.    

Les tics peuvent se modifier, se déplacer ou s’ajouter sur une période de temps indéfini.  Leur intensité peut fluctuer d’une période à l’autre et en présence de facteurs externes ayant une influence sur ceux-ci.  

Facteurs d'augmentation des tics

  • le stress
  • l’anxiété
  • l’ennui
  • la fatigue
  • l’excitation

Facteurs de diminution des tics

  • le sommeil
  • l’orgasme
  • la fièvre
  • la relaxation
  • la concentration