Trouble dysthymique
Il est fréquent de retrouver un trouble de l'humeur (épisodes thymiques, troubles dépressifs ou troubles bipolaires) chez les personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT). En effet, environ 20% des enfants aux prises avec le SGT présentent un trouble de l’humeur alors que cette proportion dépasse les 50% chez les adultes. Le trouble le plus fréquent est le trouble dysthymique qui peut être lié aux difficultés mêmes du SGT ou en être totalement indépendant.
Qu’est-ce que le trouble dysthymique ?
Le trouble dysthymique s’apparente à une dépression chronique légère, qui s'étend habituellement sur une longue période de temps. En général, l'humeur dépressive n'est pas assez marquée pour répondre aux critères d'une dépression majeure.
Le trouble s'installe habituellement au début de l'âge adulte, vers 21 ans, et peut durer plusieurs années. Les femmes sont deux fois plus susceptibles d'éprouver ce trouble que les hommes, tout comme c’est le cas pour la dépression majeure. Environ 3% de la population est atteinte du trouble dysthymique, les 3/4 de ces personnes présentant les signes d'autres troubles psychiatriques ou problèmes médicaux.
Le trouble dysthymique a eu plusieurs autres appellations dans le passé : dépression névrotique, personnalité dépressive et dépression anxieuse persistante.
Connaît-on les causes du trouble dysthymique ?
Comme pour la majorité des problèmes de santé mentale, l'hérédité joue un rôle important dans l'apparition du trouble dysthymique. Dans la plupart des cas, surtout lorsque le trouble apparaît assez tôt, les personnes atteintes présentent des antécédents familiaux de troubles de l'humeur. En effet, lorsque d'autres membres de la famille ont présenté à un moment ou à un autre un trouble de l’humeur, la probabilité qu’une personne développe le trouble dysthymique à l'adolescence ou au début de la vingtaine est augmentée.
Comment le trouble dysthymique se présente-t-il ?
Plusieurs signes peuvent indiquer la présence du trouble dysthymique. Voici les principaux :
- humeur dépressive présente pratiquement toute la journée, plus d’un jour sur deux ;
- perte d’appétit ou hyperphagie ;
- insomnie ou hypersomnie ;
- baisse d’énergie ou fatigue ;
- faible estime de soi ;
- difficultés de concentration ou difficultés à prendre des décisions ;
- sentiment de perte d’espoir.
L’importance de ces divers symptômes varie d'une personne à l'autre.
Afin de pouvoir poser un diagnostic de trouble dysthymique, un médecin ou un médecin psychiatre doit vérifier que les symptômes d'humeur dépressive sont présents depuis au moins deux ans chez les adultes et depuis un an chez les enfants et les adolescents. Ces symptômes doivent causer de la souffrance ou être assez sévères pour perturber le fonctionnement quotidien.
Il n'est pas toujours simple de reconnaître et de diagnostiquer le trouble dysthymique. En effet, étant donné que les personnes atteintes ne se rendent pas nécessairement compte qu'elles sont déprimées, elles vont se plaindre de symptômes physiques plutôt que psychologiques. De plus, on a souvent tendance à ne pas consulter les spécialistes de la santé mentale avant l'apparition de symptômes plus évidents.
Peut-on traiter le trouble dysthymique ?
Comme c’est le cas pour plusieurs autres problèmes psychiatriques, la médication (surtout les antidépresseurs) et la psychothérapie sont fréquemment utilisées pour traiter le trouble dysthymique.
Les approches psychothérapeutiques à court terme sont assez efficaces pour soulager les symptômes de la dépression associée au trouble dysthymique. La psychothérapie se concentre généralement sur les changements au niveau des relations interpersonnelles et de la conscience de soi. Dans certain cas, on peut inviter la famille et les amis proches à participer aux séances de traitement afin que le patient puisse bénéficier d'un réseau de soutien. La thérapie de groupe peut aussi se révéler utile.
Le traitement et le soutien continu sont les meilleurs moyens d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes du trouble dysthymique. N’hésitez pas à consulter des personnes ressources en la matière afin de vous venir en aide, à vous et à vos proches.